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  • : Mémorial du wagon de la déportation
  • : Pérenniser la mémoire de la déportation par le transport ferroviaire par la réalisation d'un Mémorial devant avoir pour bases deux wagons conformes à ceux utilisés au départ de Compiègne entre 1942 et 1944. Dans le respect absolu de la vérité historique, qui n'est pas le cas actuellement.
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  • Gérard BOCQUERY
  • Gardien et passeur de Mémoire. Défenseur du respect de la vérité historique. Créateur et administrateur de ce site dédié à la Mémoire de la Déportation.
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La perte de la mémoire du passé est sans doute la pire infortune qui puisse frapper un peuple ainsi qu'un individu. (Ferdinand LOT)

 

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 21:05
Biarritz : un couple de nonagénaires reçoit la Légion d'honneur pour son engagement en 39-45

 

Noël cultive ses mystères. Insondables, même pour les plus grands enfants.

Robert et Andrée Mercé, 94 et 91 ans, ont reçu jeudi midi (le jour de Noël) un présent qu'ils n'avaient pas sollicité.

Quelqu'un s'en était chargé pour eux. « Je l'ai demandé pour beaucoup de camarades, jamais pour moi. Je pensais que c'était un ami, ancien commandant de police. Quand je lui en ai parlé au téléphone, il a bien rigolé, mais il m'a dit que ce n'était pas lui », confie l'alerte nonagénaire.

 

Ce cadeau-là, sans requérant identifié, n'est pourtant pas tombé du ciel. Il récompense deux vies entières : le couple biarrot a été décoré de la Légion d'honneur, pour son action durant la seconde guerre mondiale et l'implication dans la vie associative locale.

Louis Marti, 92 ans, « ami » de lutte, lui-même distingué, s'est fait le messager du président de la République à la maison de retraite « Notre Maison » de Biarritz, où Andrée réside depuis un AVC il y a deux ans.

 

Évadé de France

Issu d'une famille biarrote, Robert Mercé a moins de 20 ans quand éclate le conflit. Fin 1942, alors qu'il travaille à l'hôtel Carlton, il refuse de figurer sur une liste de l'inspection du travail, préfigurant le service du travail obligatoire en Allemagne. Et décide de fuir vers l'Espagne, en franchissant la frontière par Urepel, à pied.

 

L'« évadé de France », ainsi que seront appelés les résistants de sa catégorie, est cueilli par les Espagnols à Irun et envoyé en camp à Miranda de Ebro, dans la province de Burgos. Les conditions de vie y sont très difficiles : six douches et un point d'eau pour plusieurs milliers personnes. Libéré en juin 1943, après six mois d'internement, il parvient à rejoindre Madrid, puis le Maroc. Il retrouvera son compagnon Louis Marti pendant le trajet.

 

À Casablanca, souffrant de dysenterie - il pèse 41 kg pour 1,81 m - il est contraint d'être hospitalisé durant 51 jours. Remis sur pied mais encore faible, il échappe à la réforme et, à défaut de pouvoir passer en Angleterre, se voit admis dans une école des transmissions de l'armée de l'air en Afrique du Nord.

 

Au cours de l'année 1944, il prend la direction de la Tunisie, où il incorpore le groupe anglais de la Wing 287, puis un autre bataillon britannique. Quelques semaines plus tard, il participe au débarquement de Provence, via Marseille. « Cet hiver a été épouvantable, il y avait un mètre de neige », se remémore-il avec un certain effroi. Sa guerre s'achève à la frontière autrichienne, après la remontée vers Strasbourg avec la section aérienne d'appui rapproché.

 

 

Avec la Croix-Rouge

Une poignée de mois en arrière, celle qui deviendra son épouse s'apprête à s'engager dans la Croix-Rouge. Originaire d'Orthez, Andrée Mercé officie comme infirmière à la pouponnière de Biarritz. Jusqu'en novembre 1944, date à laquelle, en trichant sur son âge, elle intègre l'organisation humanitaire à Bordeaux. Elle y est affectée au bataillon étranger du commandant Chodzko, composé de Marocains et d'Espagnols.

 

Le 14 avril 1945, à la suite des bombardements à la pointe de Grave, poche de résistance allemande, elle porte secours aux blessés en première ligne. Après la reddition des Allemands le 8 mai, elle rejoint à Rochefort les Auxiliaire féminine de l'armée de terre (Afat) puis en Touraine. Elle rentre à Biarritz quelques semaines plus tard. C'est là, en septembre 1945, qu'elle rencontre Robert. À l'hôtel Continental. Il y accompagne un ami biarrot traumatisé de guerre, elle panse les plaies du conflit. Ensemble, ils aménageront dans la maison familiale biarrote de Robert, quartier Lahouze.

 

Catholique, le couple s'investissera toute sa vie dans de nombreuses associations de cette obédience : Prisac Adour (visiteurs de prison), l'hospitalité basco-béarnaise, l'Union des aveugles du Sud Ouest, Amitié espérance. Il contribuera à la création d'Emmaüs Espérance à Saint-Martin de Seignanx en 1970.

 

Robert et Andrée auront cinq enfants, qui ont poursuivi la lignée depuis. Une bonne partie les entourait jeudi, lors d'une célébration volontairement intimiste. L'une des petites-filles a rappelé le parcours de ses grands-parents, avant que les deux arrière-petits-enfants n'apportent les décorations à Louis Marti. Un moment de communion intergénérationnel émouvant. Un Noël que ne devrait pas oublier de sitôt la famille Mercé.

 

Pierre Mailharin - Sud Ouest

 Quand Andrée Mercée s’engageait dans la Croix-Rouge en 1944, Robert débarquait en Provence. Le couple a reçu la Légion des mains de son ami Louis Marti © Photo dr et j.-d. c.

Quand Andrée Mercée s’engageait dans la Croix-Rouge en 1944, Robert débarquait en Provence. Le couple a reçu la Légion des mains de son ami Louis Marti © Photo dr et j.-d. c.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 04:30
Joyeux Noël à toutes et à tous !

 

Je vous souhaite à toutes et à tous un très beau Noël

 

Vous êtes près de 180 000 (179 970 au moment où je publie ce message)

 

à avoir visité mon site depuis 2009

 

en provenance de 136 pays

 

Merci à toutes et à tous

et encore Joyeux Noël !

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 05:00
Jean Moulin (photo D.R.)

Jean Moulin (photo D.R.)

19 décembre 1964

 

Transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon

André Malraux - Paris, le 19 décembre 1964 (photo D.R.)

André Malraux - Paris, le 19 décembre 1964 (photo D.R.)

Discours d'André Malraux :

 

"Monsieur le Président de la République, voilà donc plus de 20 ans que Jean Moulin partit par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci pour être parachuté sur la terre de Provence et devenir le chef d'un peuple de la nuit.

Sans cette cérémonie, combien d'enfants de France sauraient son nom.

Il ne le retrouva lui-même que pour être tué et depuis sont nés 16 millions d'enfants.

Puissent les commémorations des deux guerres s'achever aujourd'hui par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort.

Après 20 ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation.

Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son action légendaire, voici comment je l'ai rencontré.

Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donnaient ordre au maire de les faire enterrer en secret à l'aube.

Il est d'usage dans cette région que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille.

Nul ne connaissait ces morts qui étaient des Alsaciens.

Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer, laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne et attendant en silence chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français.

Ce sentiment qui appelle la légende sans lequel la Résistance n'eut jamais existé et qui nous réunit aujourd'hui, c'est peut-être simplement l'accent invincible de la fraternité.

Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ?

On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance au moment où il partit pour Londres, il serait fou et criminel de ne pas utiliser, dit-il, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes au sacrifice les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leurs adversaires et déterminé leur objectif.

C'était bien l'opinion du Général de Gaulle, néanmoins lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage, une presse clandestine, une source d'information, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore.

Or ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les alliés débarqueraient.

Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux alliés mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants et devenir la Résistance française.

C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres, pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français qui eussent put naître qu'une légion, pas seulement parce qu'une partie de l'Empire avait rallié la France libre.

S'ils venaient demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, ils venaient aussi lui demander, je cite : «Une approbation morale des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui.»

Le Général assumait le non du premier jour, le maintien du combat quel qu'en fut le lieu, quelle qu'en fut la forme.

Enfin, le destin de la France, la force des appels de juin tenaient moins aux forces immenses qu'il n'avait pas encore données car il faut que la France soit présente à la victoire, alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur.

La France et non telle légion de combattants français.

C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat.

Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qu'il armait et le soutenait, voire par son seul courage.

Le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat.

C'est pourquoi, même lorsque le Président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de parties, l'armée d'Afrique depuis la Provence jusqu'aux Vosges combattra au nom du Gaullisme comme feront les troupes du parti communiste.

C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : «M. Moulin a pour mission de réaliser dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs.»

Inépuisablement, il montre au chef des groupements le danger qu'entraînerait le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents.

Chaque évènement capital, entrée en guerre de la Russie puis des Etats-Unis, débarquement en Afrique du Nord, renforce sa position.

A partir du débarquement, il devient évident que la France va redevenir un théâtre d'opération.

Mais la presse clandestine, les renseignements même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques, sont à l'échelle de l'occupation, non de la guerre.

Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter.

Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer.

Alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter 200 ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois.

En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble, il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes.

Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu et exécuté que par l'unité de la Résistance.

C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de résistant après l'autre.

Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face.

Il y a inévitablement les problèmes de personnes et bien davantage, la misère de la France combattante.

L'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié aux bénéfices d'un autre maquis ou d'un autre groupe qu'indignent au même moment les mêmes illusions.

Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retournent à Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison.

Ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien préfet radical chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la cagoule.

Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée, ce n'est pas lui qui a crée le combat, libération, franc-tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy.

Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'Histoire recueillera tous les noms, ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée, il a été le Carnot de la Résistance.

Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques lorsque la Nation est en péril de mort.

La Nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens mais la donnée, invincible et mystérieuse qui allait emplir le ciel.

Penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe.

Voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la Nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a depuis appelé le Gaullisme.

C'était certainement proclamer la survie de la France.

En février, ce laïc passionné avait rétabli sa liaison par radio avec Londres dans le grenier d'un presbytère.

En avril, le service d'information et de propagande puis le comité général d'étude étaient formés.

En septembre, le NAP.

Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un comité de coordination que présiderait Jean Moulin, assisté du Chef de l'armée secrète unifiée.

La préhistoire avait pris fin.

Coordinateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef.

En janvier 1943, le Comité directeur des mouvements unis de la résistance était crée sur sa présidence.

En février, il repartait pour Londres avec le Général Delestraint, Chef de l'armée secrète et Jacques d'Alsace.

De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le Colonel Passy : «Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci, disant presque à voix basse, «mettez-vous au garde à vous», puis «nous vous reconnaissons comme notre compagnon pour la libération de la France dans l'honneur et par la victoire.»

Et pendant que De Gaulle lui donnait l'accolade, une larme lourde de reconnaissance, de fierté, de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin.

Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore au travers de sa gorge les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné en 1940 pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi.

Les tortures de l'ennemi, en mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au Nord de Roanne.

Ce Conseil national qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée en haillons de la Résistance attendra les divisions blindées de la libération.

Jean Moulin retrouve les membres qu'il rassemblera si difficilement.

Il retrouve aussi une résistance tragiquement transformée.

Celle-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité.

Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture.

Désormais, elle va combattre en face de l'enfer.

Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit : «J'espère qu'ils nous fusilleront avant.»

Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller.

La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir les maquis.

La Gestapo grandit aussi, la milice est partout.

C'est le temps où dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit.

Le temps où les parachutes multicolores chargés d'armes et de cigarettes tombent du ciel dans la lueur des feux, des clairières ou des Causses.

C'est le temps des caves et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfant.

La grande lutte des ténèbres a commencé.

Le 27 mai, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du CNR.

Jean Moulin rappelle les buts de la France Libre, faire la guerre, rendre la parole au peuple français, rétablir les libertés républicaines, travailler avec les alliés à l'établissement d'une collaboration internationale.

Puis il donne une lecture d'un message du Général de Gaulle qui fixe pour premier but au premier conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette résistance qu'il représente.

Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres.

Le 9 juin, le Général Delestraint, Chef de l'armée secrète enfin unifiée est pris à Paris.

Aucun successeur ne s'impose.

Ce qui est fréquent dans la clandestinité.

Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Sérreules : «Si j'étais pris, je n'aurais même pas le temps de mettre un adjoint au courant.»

Il veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud.

Il rencontrera leurs délégués le 21 à Caluire, ils l'y attendent en effet.

La Gestapo aussi.

La trahison joue son rôle et le destin qui veut qu'aux trois-quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande.

Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la résistance.

En vain.

Le jour où au Fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturé, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler.

Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau.

Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : «Son rôle est joué et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés. Il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous.»

Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme.

Comme le dit Mademoiselle Moulin : «Il savait tout».

Georges Bidault prendra sa succession mais voici la victoire de ce silence atrocement payé.

Le destin bascule.

Chef de la Résistance, martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons, elles portent le deuil de la France et le tien.

Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy avec un drapeau fait de mousseline nouée, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres.

Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bain, il n'a pas encore entendu parler de la baignoire.

Comme Leclerc entra aux Invalides avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique.

Entre ici Jean Moulin, avec ton terrible cortège.

Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé comme toi et même ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé.

Avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de «Nuit et brouillard», enfin tombé sous les crosses.

Avec les 8000 Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres.

Entre avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle, nos frères dans l'ordre de la nuit.

Commémorons l'anniversaire de la Libération de Paris.

Je disais : «Ecoute ce soir, jeunesse de mon pays, les cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a 14 ans, puissent tous cette fois les entendre, elles vont sonner pour toi.»

L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le champ qui va s'élever maintenant.

Ce chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité.

Puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et des bois d'Alsace, mêlé aux cris perdus des moutons des tabors quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Runstedt, lancés de nouveau contre Strasbourg.

Ecoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le chant du malheur.

C'est la marche funèbre des cendres que voici.

A côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec Les Misérables, de celle de Jaurès veillées par la justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées.

Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé.

Ce jour là, elle était le visage de la France".

Le Panthéon - Paris, le 19 décembre 1964, Pierre Messmer, le général Charles de Gaulle, Georges Pompidou et André Malraux (photo D.R.)

Le Panthéon - Paris, le 19 décembre 1964, Pierre Messmer, le général Charles de Gaulle, Georges Pompidou et André Malraux (photo D.R.)

Source : UNADIF-FNDIR

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:00
Jusqu'au bout de la résistance

Un beau cadeau à l'occasion des Fêtes de Noël et de Fin d'année



L'ouvrage UNADIF-FNDIR de Bernard Fillaire “JUSQU’AU BOUT DE LA RÉSISTANCE” est le cadeau idéal pour vos familles, vos proches et vos amis mais aussi pour récompenser les lauréats du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

L'originalité du livre est dans la succession des témoignages des rescapés classés dans l’ordre chronologique des épreuves qu’ils ont dû subir à la suite de leur engagement dans la Résistance.

Les 25 chapitres se succèdent, depuis « Les racines de la Résistance » jusqu’ « Après les retours», en passant par toutes les phases de leur calvaire et la présence constante de la mort, de toutes les formes de l’élimination physique et de la dégradation morale.

33 annexes qui sont autant de témoignages inédits viennent compléter l’ouvrage.

Format : 155 X 240 mm - 515 pages



En savoir plus :

BON de COMMANDE et TOUTES LES PUBLICATIONS UNADIF-FNDIR sur :

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 05:40
Lutte contre la glorification du nazisme

Résolution "L56" des Nations Unies intitulée :

 

" LUTTE CONTRE LA GLORIFICATION DU NAZISME, NEONAZISME ET D'AUTRES PRATIQUES QUI CONTRIBUENT A ALIMENTER LES FORMES CONTEMPORAINES DE RACISME, DE DISCRIMINATION RACIALE, DE XENOPHOBIE ET DE L'INTOLERANCE QUI Y EST ASSOCIEE. "

 

Les résultats des votes du 21 novembre sont hallucinants !!



LES USA, LE CANADA ET L'UKRAINE VOTENT CONTRE !!!

 

TOUS LES PAYS DE L'UNION EUROPEENNE S'ABSTIENNENT !!!

 

 

C'est la 3ème année consécutive que les Pays de l'Union Européenne s'abstiennent : L’Assemblée Générale a adopté une résolution identique le 20 décembre 2012 (129 oui, 54 abstentions (Europe), 3 non (USA, Canada, Palaos)) et le 18 décembre 2013 (135 oui, 51 abstentions (Europe), 4 non (USA, Canada, Palaos, Kiribati)).



Les résultats des votes du 21 novembre 2014 sont disponibles sur le lien suivant : http://www.un.org/en/ga/third/69/docs/voting_sheets/L56.Rev1.pdf

 

Tous les documents relatifs à cette résolution sont consultables sur le site internet de l'Organisation des Nations unies : www.un.org

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 05:27
Fondation de la Résistance - 30, boulevard des Invalides - 75007 Paris

Fondation de la Résistance - 30, boulevard des Invalides - 75007 Paris

Les 11èmes " Rencontres et Dédicaces ", autour du " Livre-Résistant ", organisées par l'association des amis de la Fondation de la Résistance (MER) se dérouleront samedi 6 décembre 2014, à partir de 14 heures dans les salons de la Fondation de la Résistance.

 

Le Colonel (H) Fred MOORE, Chancelier de l'Ordre de la Libération et du Comité des cinq communes Compagnons en sera l'invité d'honneur.

 

Auront lieu, notamment, les présentations et dédicaces par leurs auteurs :

 

- du nouveau livre UNADIF " Une mémoire philatélique des camps " du docteur Michel CLAVERIE, membre du Conseil d'administration de l'UNADIF.  (Le livre, cliquer ici)

 

- du nouveau livre " Une famille du refus mais toujours l'espérance, recueils et récits 1914-1918 et 1939-1945 " de Jacqueline FLEURY-MARIE, 1ère vice-présidente nationale de la FNDIR, présidente de l'ADIF-FNDIR des Yvelines.

 

- du livre " Le piano et le violoncelle " de Claude du GRANRUT, secrétaire générale de l'ADIF-FNDIR de l'Oise et membre du Conseil d'administration de l'UNADIF. Présidente nationale de la SFAADIR.

Le piano et le violoncelle

 

François Archambault, Christine Levisse-Touzé, Vladimir Trouplin et de très nombreux autres auteurs dédicaceront leurs ouvrages

 

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 05:30
Les archives numérisées de la police sous l'Occupation bientôt accessibles

La Préfecture de police a annoncé en 2010 le lancement de la numérisation des archives de la police sous le Régime de Vichy. Procès verbaux, lettres de délation, interrogatoires… Autant de documents qui seront par la suite accessibles au grand public.

La liste de ces documents semble sans fin : ce sont près de 2 millions de lettres, procès-verbaux, rapports et manuscrits, rangés sur plus de 12 kilomètres de rayonnages qui doivent être numérisés.

Auparavant disponibles uniquement aux historiens et aux chercheurs sur demande écrite, ces documents de la Seconde Guerre mondiale ont jusqu’ici été protégés par la loi, pour une durée de 75 ans. A l'expiration du délai, soit entre 2015 et 2019 selon le type de document, chaque citoyen pourra y avoir librement accès. Les documents vont être progressivement numérisés, et ce jusqu’en 2019-2020.

Toutefois, avant d’être accessibles, le Service de la mémoire et des affaires culturelles (SMAC) doit effectuer un travail de sauvegarde de ces tristes vestiges. Écrits sur des papiers de très mauvaise qualité, ils sont particulièrement fragiles. Le SMAC fait donc appel aux techniques de numérisation les plus sophistiquées actuellement disponibles. Un scanner de très haut niveau est utilisé.

Pourquoi a-t-il fallu attendre 75 ans ? La réponse : les noms des familles.

En effet, chaque document, témoignant de la traque des minorités, notamment des Résistants, des Juifs, des communistes et franc-maçons, les rapports de filatures, les lettres de délation, les procès-verbaux d’interrogatoires ont soigneusement été répertoriés par les anciennes Brigades Spéciales.

A la sortie de la guerre, le gouvernement français avait jugé bon d’établir un « délai de sérénité », sensé éviter un déchaînement de représailles auprès des intéressés, et potentiellement de leurs familles.

Les documents déjà numérisés seront accessibles pour certains (année 1940) en 2015. Le délai de 75 ans étant atteint.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 22:25
La numérisation de la presse clandestine

Dans le cadre du partenariat entre la Bibliothèque nationale de France et la Fondation de la Résistance pour la constitution d'une collection numérisée de la presse clandestine, la BnF organise une Journée d'étude constituant un bilan d'étape de cette opération.

 

A l’occasion du 70e anniversaire de la Libération de la France, la Bibliothèque nationale de France, la Fondation de la Résistance et le Musée de la Résistance nationale se sont associés pour numériser ensemble leurs collections de journaux clandestins de la Résistance.

Ces journaux, véritable arme contre la propagande collaborationniste et l’occupant nazi, jouèrent un rôle fondamental dans le ralliement de dizaines de milliers d’hommes et de femmes à la Résistance, mais aussi pour la reconnaissance de celle-ci par les Alliés.

Devenus des documents majeurs du patrimoine national, témoins de l’engagement contre le nazisme, ces journaux aujourd’hui numérisés vont être rendus facilement accessibles à tous via Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.

Cette Journée d’étude est consacrée à cet évènement, témoins et historiens reviendront sur l’histoire de ces journaux et leur importance, et discuteront des lectures nouvelles et perspectives de recherches permises par cette numérisation et mise en ligne.

 

Intitulée "Relire les journaux clandestins après leur numérisation. Nouveaux usages et nouvelles perspectives", elle se déroulera de 9h à 19h au petit auditorium du site François Mitterrand.

 

Entrée libre

 

Déroulement de la Journée d'étude

 

9h00 : Accueil



9h30 : Introduction de la Journée d’étude par Messieurs Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France et Jacques Vistel, président de la Fondation de la Résistance



9h45 à 11h30 : Histoire et historiographie de la presse de la Résistance. Présidence de séance : Jacques Vistel

- Histoire des journaux de la Résistance. Marie-Cécile Bouju, maître de conférences à l’Université Paris 8

- La presse clandestine dans l’historiographie de la Résistance. Jean-Marie Guillon, professeur émérite à l’Université d’Aix Marseille



11h30 à 12h45 : Table ronde
Le temps des témoins, autour des acteurs de la Résistance. Modération : Antoine Spire, journaliste et écrivain
Avec Jacqueline Fleury-Marié, Annette Chalut, Jean-Louis Crémieux-Brihlac et Roger Grenier

 

 

12h45 à 14h30 : Pause déjeuner




14h30 à 15h30 : Le projet coopératif de numérisation des journaux de la Résistance. Présidence de séance : Pascal Sanz, directeur du département Droit, économie, politique, BnF

Avec Anne Renoult, conservateur à la Réserve des livres rares, BnF ; Philippe Mezzasalma, chef du service de la presse, dpt Droit, économie, politique, BnF ; Aline Girard, directrice du dpt de la Coopération, BnF ; Bruno Leroux, directeur historique de la Fondation de la Résistance ; Guy Krivopissko, directeur du Musée de la Résistance nationale ; Franck Veyron, chef du service des archives de la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine



15h30 à 16h45 : Table ronde
La numérisation des journaux de la Résistance : vers un renouvellement de perspectives historiques. Modération : Antoine Prost, professeur émérite, Université de Paris 1

Avec Jean-Marie Guillon, professeur émérite, Université d’Aix Marseille ; Bruno Leroux ; Valérie Hugonnard, responsable de la bibliothèque de l’IHTP-CNRS et Philippe Mezzasalma, chef du service de la presse, dpt Droit, économie, politique, BnF



16h45 à 18h15 : Projection du film Défense de la France (2007) de Joëlle Van Effenterre. Défense de la France, le mouvement de résistance à l'initiative du journal qui atteignit le plus fort tirage de la presse résistante sous l'occupation.



18h45 : Clôture

 

 

Bibliothèque nationale de France - Quai François Mauriac - Paris

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 13:00

 

«Avoir les jetons», «No man's land», «Limoger» : tout un vocabulaire est né de la Grande Guerre, témoin de ce qu'ont vécu les millions de Poilus dans l'enfer du front. Le Figaro en a décortiqué quelques perles.

 

 

Les tranchées de la guerre 14-18 sont devenues, au fil des années, un creuset linguistique. Des hommes de tout âge, issus de milieux socio-culturels et de régions très disparates ont chacun, à leur manière, apporté une pierre à cet édifice linguistique. Régionalismes, langues étrangères ou jargons de tous les métiers ont façonné une langue que des millions de combattants ont utilisée dans l'enfer des tranchées.

 

Un langage représentatif de cette période qui porte les stigmates de conditions de vie difficiles, des corps éprouvés par le froid, la crasse et la faim. Derrière les termes universitaires, tels que dérivation, évolution sémantique ou procédés linguistiques, suinte la force vitale des désespérés. Avec le concours de Marie-Hélène Drivaud, directrice éditoriale du Robert, Le Figaro en a décrypté quelques exemples, dont certains ont été repris dans la littérature classique.

 

● Limoger

La dérivation est un procédé de création très commun. Elle peut se faire à partir d'un nom propre. C'est l'origine du verbe limoger apparu en 1916, d'abord terme argotique de l'administration militaire. C'est en effet à Limoges que le maréchal Joseph Joffre envoya les officiers d'état-major, jugés incapables, qui furent relevés de leurs fonctions au début de la guerre. Correspondant initialement à une punition, ce mot désignera par la suite une mesure de disgrâce, une mise à l'écart.

 

● Le bourdon

La métaphore est à l'œuvre pour caractériser les idées sombres qui étreignent les soldats. Ainsi apparaît, en 1915, l'expression «avoir le bourdon», née du rapprochement avec l'insecte, en référence à sa couleur sombre et au son grave qu'il émet lorsqu'il vole. La locution «avoir le cafard» découle du même processus.

 

● Avoir les chocottes

L'expression de la peur, émotion omniprésente au front, passe par le corps et les manifestations physiques de l'effroi. Ces expressions familières renvoient aux dents qui claquent, origine possible de chocottes (1916 ; les dents se choquent) et avoir les grelots (1915), ou aux intestins qui lâchent: «avoir les jetons» (1916 ; peut-être d'un sens de jeter «déféquer»). Il en va de même pour la locution «avoir la pétoche», apparue en 1918, issue de la famille de pet, dans le prolongement de péteux «lâche, poltron».

Blaise Cendrars, dans La Main coupée a écrit: «— Je vous avais dit de faire des prisonniers. Et alors?… où sont-ils?… — Mais, mon capitaine… — Je vois ce que c'est, vous avez la tremblote… — Nous n'avons pas la pétoche, mais nous sommes comme des harengs dans la saumure. On ne peut pas bouger.»

 

● Q.G

Le besoin de communiquer rapidement et efficacement passe par différents procédés d'abrègement. En 1916, le quartier général, centre de décision, devient le «QG» et les dures conditions de vie dans les tranchées voient fleurir «le système D », né de débrouille. Le «jour J » comme «l'heure H » apparaissent en 1917 et font référence aux moments choisis pour lancer une attaque.

On peut lire dans Le Feu d'Henri Barbusse : «L'adjudant commandant le détachement de territoriaux qui fait les corvées au Q. G. du C. A. — Au quoi? — Au quartier général du corps d'armée (…)»

 

● No man's land

Le contact entre troupes alliées sur le front est l'occasion d'échanges linguistiques. Ainsi, en 1916, le territoire neutre mais dangereux situé entre les premières lignes des armées ennemies reçoit le nom de no man's land, littéralement «terrain n'appartenant à personne» en anglais. Ce terme s'impose rapidement mais il reste peu répandu parmi les combattants qui lui préfèrent un autre emprunt, bled (1916). Ce mot d'origine arabe désigne en argot militaire un terrain nu, une étendue désolée et sauvage ; il est popularisé par les troupes servant en Algérie.

 

● Maxillofacial

Les sciences recourent fréquemment à la formation de mots savants à partir de racines gréco-latines. La chirurgie réparatrice doit mettre au point des techniques pour secourir les «gueules cassées», à la face ravagée. Ces graves blessures du visage sont à l'origine des débuts de la chirurgie maxillofaciale (1917).

Marc Dugain, La Chambre des officiers : «— Pour tout dire, lieutenant, je suis dans l'attente de matériaux nécessaires à la reconstitution de votre maxillaire supérieur, et en particulier de votre palais qui, vous le savez, fait défaut. Pour cela, je ne vois pas d'autre méthode qu'une greffe osseuse. J'envisage de vous greffer des os humains.»

 

 

 

Source : Aurélia Vertaldi - Le Figaro.fr - 11 novembre 2014

Clémenceau "Le Tigre" dans une tranchée en 1917. Source photo Archives/AFP

Clémenceau "Le Tigre" dans une tranchée en 1917. Source photo Archives/AFP

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 14:31

11 novembre 1918 - 11 novembre 2014

96ème anniversaire de l'Armistice



L’Alliance de la Paix installée dans la Clairière de l’Armistice de Compiègne

Photo D.R. Orianne Maerten - Le Courrier picard

Photo D.R. Orianne Maerten - Le Courrier picard

Signée Clara Halter, la sculpture monumentale a été installée jeudi 6 novembre. Elle sera dévoilée officiellement lors des cérémonies du 11 novembre.

Un anneau où est gravé en lettres d’or le mot « paix » dans 52 langues et calligraphies différentes. Pour célébrer le centenaire de la Première Guerre mondiale, la Ville de Compiègne a fait appel à l’artiste Clara Halter pour imaginer un monument pour la paix qui a été installé jeudi 6 novembre, dans la Clairière de l’Armistice, en forêt de Compiègne.

L’Alliance pour la Paix est une œuvre monumentale, un anneau de bronze patiné, gravé de lettres d’or. D’un diamètre de 3,50 m, elle pèse 1,5 tonne et a été installée face à l’emplacement du Wagon de Foch. Au loin, on distingue la statue du maréchal. « J’étais déjà venue pour visiter le Wagon de l’Armistice, explique la sculptrice Clara Halter, épouse de l’écrivain Marek Halter, et j’ai tout de suite été très touchée par la Clairière et l’impression de sérénité qui s’en dégage. J’espère vraiment que ce monument ne changera rien. »



« Le cercle, c’est la plénitude »

La symbolique de l’anneau n’a pas été choisie tout à fait au hasard. « C’est un symbole lié à notre histoire. Il y a eu de nombreuses alliances au fil du temps », estime Clara Halter. Y compris celles entre les nations qui ont conduit au premier conflit mondial en 1914. « Tout cela se terminera par une alliance de paix », tient à souligner de son côté Marek Halter.

De son côté, le sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini, met en avant la forme de la clairière, « circulaire », elle aussi. « Le cercle, c’est la plénitude », philosophe le sénateur-maire, visiblement très satisfait de la mise en place de l’Alliance de la Paix.
Clara Halter n’en est pas à son coup d’essai : elle est à l’origine de nombreuses œuvres tendant à célébrer la paix. Un mur, en 2000, comportait, un peu sur le même modèle que la sculpture compiégnoise, le mot « paix », décliné en 32 langues.



Une oeuvre dévoilée mardi 11 novembre

« Depuis, j’ai fait d’autres monuments, à Hiroshima et Saint-Pétersbourg, par exemple. Du coup, j’ai cherché d’autres langues, d’autres calligraphies. Je trouve dommage que l’écriture latine tende de plus en plus à remplacer ces calligraphies traditionnelles. »
L’artiste se donne cependant comme but de ne pas utiliser de langues mortes ni même véhiculaires. Toutes celles qui figurent sur l’Alliance de la paix sont encore utilisées.

L’œuvre sera officiellement inaugurée à l’occasion des cérémonies du 11 novembre, mardi après-midi, et dévoilée au parterre d’invités. Une réplique de l’anneau, en bijou cette fois-ci, est également en vente à la boutique du musée de la Clairière de l’Armistice.

 

 

Source : Orianne MAERTEN - Le Courrier picard - 7 novembre 2014
http://www.courrier-picard.fr/region/rethondes-l-alliance-de-la-paix-installee-dans-la-ia190b0n464662

 

PROGRAMME DES CEREMONIES

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