Pérenniser la mémoire de la déportation par le transport ferroviaire par la réalisation d'un Mémorial devant avoir pour bases deux wagons conformes à ceux utilisés au départ de Compiègne entre 1942 et 1944. Dans le respect absolu de la vérité historique, qui n'est pas le cas actuellement.
Message de Monsieur Gérard LONGUET,
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants :
« En ce 8 mai 2011, nous commémorons le 66ème anniversaire de la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie face aux Alliés. Il y a 66 ans, le 8 mai 1945, les armes se taisaient enfin en Europe, mettant un terme à cinq années de cauchemar et de barbarie, cinq années parmi les plus cruelles de l'histoire de l'humanité.
Encaissant sur son territoire, avec les seuls soutiens de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des Pays-Bas, le choc de l'offensive de l'Allemagne nazie, au printemps 1940, la France a payé un lourd tribut. Défaits militairement par les armes du IIIème Reich, les Français ont, durant plus de quatre ans, subi le poids de l'occupation : l'angoisse pour leur million et demi de prisonniers, les privations de toute nature, l'annexion dans le système nazi pour les uns, l'oppression politique, le pillage économique, les persécutions raciales, la répression pour tous.
Dès le 18 juin 1940, pourtant, en visionnaire autant qu'en homme d'honneur, le Général de Gaulle traçait les conditions d'une victoire qu'il estimait certaine.
Au courage des étudiants parisiens du 11 novembre 1940 répondait l'engagement des Français libres qui multiplièrent leur présence sur tous les fronts, au fur et à mesure de la mondialisation du conflit : des terres africaines, à Koufra, en Libye, avec l'épopée de la colonne Leclerc au front de l'Est, en Russie, avec le groupe de chasse « Normandie-Niemen ». Du Pacifique à l'Afrique du Nord, sur terre comme sur mer et dans les airs, les combattants de la liberté furent sans cesse plus nombreux. Depuis les déserts d'Afrique jusqu'en Italie et en Provence, des Vosges jusqu'à Berchtesgaden, ils prirent ainsi une part décisive aux combats libérateurs.
En France même, des hommes et des femmes qui n'acceptaient pas la soumission s'étaient levés, dans l'ombre, pour intégrer la Résistance. Organisés et fédérés par l'ancien préfet Jean Moulin, ils allaient, au péril de leur vie, malgré la traque, la répression et la torture, consacrer leur quotidien à harceler et à combattre l'ennemi.
Pendant toutes ces années, l'honneur de la France a été porté par une minorité toujours plus nombreuse. Si notre pays avait perdu une bataille, ceux qui ont cru construire sur la défaite, plus qu'une erreur, ont commis une faute contre la patrie.
Notre pays n'a pas perdu son honneur. Seule nation, avec l'Angleterre à déclarer la guerre à l'Allemagne à la suite de l'agression de la Pologne, quand d'autres se taisaient ou pactisaient, elle a eu le courage d'aller au conflit pour faire valoir ses valeurs, au rendez-vous de sa parole donnée. A l'engagement militaire s'est doublé l'héroïsme des résistants et la générosité des Justes qui ont, par leur bravoure personnelle, et au nom d'une France qu'ils estimaient éternelle, sauvé l'image de notre pays.
Ce sont ces Français, résistants sur le territoire national ou Français libres engagés hors de nos frontières, qui ont permis à la France d'être présente lors de la reddition allemande à Reims. Ce sont ces Français qui donnent aujourd'hui tout son sens à la commémoration de ce 8 mai 1945, jour de la capitulation définitive de l'Allemagne nazie, au terme de près de cinq années de conflit.
Ces événements se sont passés il y a 66 ans. Chaque année, nous commémorons ce souvenir. Chaque année, l'émotion est intacte. A tous ceux qui ne se sont jamais résignés, qui n'ont jamais abdiqué, qui espéraient la liberté ; aux hommes qui se sont battus, à ceux qui sont tombés, aux autres qui ont enduré tant d'épreuves, combattu avec tant d'abnégation, nourri tant d'espoir; à toutes celles et ceux grâce auxquels l'humanité a pu de nouveau croire en son destin, nous rendons, aujourd'hui, l'hommage qu'ils méritent. »
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Port-Louis, dimanche 8 mai 2011
Hommage de la Nation aux Résistants
Message de Monsieur Nicolas SARKOZY,
Président de la République :
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"Le débarquement de Normandie, le débarquement de Provence, la libération de l’Alsace-Moselle. Autant de batailles qui ont permis le redressement de la France, la libération de son territoire et son retour au premier plan des nations. J’ai célébré ces étapes décisives de la victoire à Ouistreham, à Sainte-Maxime et à Colmar. Elles n’auraient pas été possibles si, aux heures les plus sombres de l’occupation, des hommes et des femmes, partout en France, n’étaient entrés en Résistance. Après les premières actions individuelles, ils se sont peu à peu organisés dans la clandestinité pour recueillir des renseignements et participer à l’action armée. Sans cet engagement de Français héroïques, la victoire du bien sur le mal aurait été longtemps différée. C’est à l’esprit de résistance que je veux aujourd’hui rendre hommage en me rendant en Bretagne. N’est-ce pas ici que la révolte a symboliquement commencé, avec le départ pour Londres des pêcheurs de l’île de Sein, qui furent parmi les premiers à répondre à l’appel du général de Gaulle ? N’est-ce pas ici également que les derniers combats ont pris fin avec la libération des poches de l’Atlantique ? Entre ces deux moments symboliques, des résistants n’ont cessé de combattre ici l’occupant, tandis que la population endurait avec courage les privations, les bombardements, et les horreurs de l’occupation. Dans cette période tragique, Lorient et sa rade ont payé un très lourd tribut. En m’inclinant devant le monument qui rappelle le martyr de 69 résistants massacrés par l’occupant à Port-Louis, je rends l’hommage de la nation au sacrifice de ces Français qui ont refusé la défaite et la honte de l’occupation. Ils incarnent la suprême valeur du courage. Face à un rapport de force qui leur était de toute évidence défavorable, ils n’ont pas hésité à s’engager malgré tout, comme leur conscience et leur patriotisme le leur commandaient. Ils avaient plus de courage que d’expérience de la lutte armée et de moyens pour la mener, beaucoup l’ont payé de leur mort. Mais leur sacrifice n’a pas été vain. La férocité de la répression qui s’est abattue sur eux atteste de l’efficacité de leur action pour combattre l’occupant et contribuer à libérer le territoire français. Ces hommes et ces femmes qui combattaient sans uniforme et presque sans armes furent l’honneur de la France, comme le furent les Français libres et l’armée d’Afrique. Ils ont toute leur part dans la victoire et une place particulière dans nos cœurs."